Parole de copilote.

Lundi 2 février 2009

   Gravement blessé lors du dernier rallye du Japon, Patrick Pivato ( Piv ' ), devant les milliers de témoignages reçus, a décidé avec l' aide de ses proches de créer un site internet. Dans son acceuil, Patirck y rend un bel hommage à ceux qui se sont occupé de lui. On y retrouve par ailleurs le détail des bilans de santé ainsi qu' un petit récapitulatif de sa carrière en photo.

Personnellement, j' ai eu l' occasion de rencontrer à plusieurs reprises le Piv', et à l'image de cette photo, c'est vraiment un personnage souriant, passionné et heureux de vivre.

Alors, n' hésitez pas à lui rendre une petite visite sur :

                                   www.pivato.fr


Par Nord Rallyes Images
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Dimanche 1 juin 2008
    Nous avions quitté Julien Ingrassia à l' issue de ses mésaventures sud-américaines aux cotés de Sebastien Ogier. Notre globe trotter montpellierain qui a un agenda aussi chargé qu' un ministre, nous revient dans un second récit de ses aventures en JWRC qui l' ont conduit en Jordanie et enfin en Europe où avec Seb ils ont d'abord reconnu le Portugal, roulé en Sardaigne, de nouveau reconnu l' Acropolis rally avant de s'envoler cette semaine pour les recos du rallye de Pologne. L' été devrait ensuite s'annoncer un peu plus calme pour les leaders du championnat.

News Jordanie/Sardaigne


C'est avec plaisir que je reprends clavier et souris pour écrire quelques lignes sur l'espace de Nord Rallyes Images.

La Jordanie nous a accueilli il y a déjà un mois, sous un soleil écrasant et dans un cadre désertique et escarpé. Drôle de destination je dois l'avouer, avec de nombreuses interrogations : comment vont être les spéciales, le routier avec ses panneaux écrits en jordanien, la chaleur va-t-elle être supportable dans l'habitacle, et...c'est où la Jordanie ?!

Le rallye se situait au Nord/Est de la Mer Morte, notre hôtel avait une vue superbe sur cette étendue d'eau hyper salée, et le soir nous pouvions même voir de l'autre côté de la rive (10km), jaillissant des montagnes, les lumières de Jérusalem...

             

Le parc fermé et le parc d'assistance, ont été construits de toutes pièces à proximité du complexe hôtelier, le tout prenant place au milieu de collines rocheuses sans un brin de végétation. Et pourtant des légions de chèvres et de moutons sont élevées dans ses paysages lunaires. De grandes tentes en peaux sont montées ci et là, sans aucune rivière, au milieu de nul part...je découvre la planète...

En guise de « H.Q » (Head quarter), un simple petit palais en marbre de 8000m2, avec une réception de folie en ouverture et en clôture du rallye : les Jordaniens savent recevoir !

C'est dans ce cadre-là que cette 2e course en JWRC nous a apporté son lot de surprise...
Après des recos éprouvantes (47°c à l'ombre) où l'on a pu faire connaissance avec les fréquents check-point de l'armée (pour info, les contrôles routiers là-bas se réalisent en Hummer armés de lance-missiles...), et où les spéciales nous ont livré leurs secrets (très rapides, terre dur comme du goudron, rochers saillants dès que l'on sort de la piste, et beaucoup de virages en « ciel »), le départ du rallye a été donné.

Un rallye qui allait crescendo en termes de difficulté, avec par exemple le dimanche, une spéciale de 42km à parcourir deux fois le long de la vallée du Jourdain...ambiance.


Le scénario a été différent de celui du Mexique, puisque dès la première matinée, des soucis de pompe à essence nous ont touché, et malheureusement, lors du changement de celle-ci à l'assistance de midi, les choses ont pris un peu plus de temps que prévu, et c'est avec 14 minutes de retard que nous sommes sortis de la tente de PH Sport...à une minute de la mise hors course !

Voulant revenir dans le match, on est passé à la vitesse supérieure, malheureusement une crevaison sur laquelle nous avons du intervenir en spéciale (depuis le temps qu'on s'entraînait à faire des changements de roue, ça devait bien nous arriver un jour ou l'autre !) nous a ôté tout espoir de recoller en tête à la fin de la première journée.
Le lendemain la stratégie était claire : rouler vite, et surtout « zero » erreur : la roue tourne, le rallye est éprouvant et long, et en junior tout est possible...le lendemain nous étions 2ème à 1'40s de Sandell !
Et ce dernier s'est mis une drôle de pression au départ du dimanche, puisqu'à la régulière il était très difficile de le rattraper, et malgré tout dès la première spéciale nous le retrouvions la roue avant droite arrachée...la 1ère victoire

En ce qui concerne mon expérience dans le baquet de droite, j'avais hâte d'en découdre avec le sol Jordanien : après mon erreur du Mexique j'avais besoin de montrer que j'étais là et que l'on pouvait faire des perf' sans faire d'erreur.
Côté « note » le rythme était assez élevé, et quant aux temps de liaisons sur le routier, ils ne faisaient pas rire, et c'est avec satisfaction que j'ai accompli mon job dans ces conditions difficiles.


Quelques semaines après la Sardaigne signifiait pour nous le retour en Europe, et la fin des manches Terre en ce qui nous concerne (nous n'avons pas nominé la Finlande pour marquer des points).
« Le rallye est très cassant, c'est obligé de crever »...c'était un peu les idées que l'on nous avait transmis en préparation de cette épreuve.
C'était à moitié vrai.
Sous une pluie soutenue, nous avons reconnu des spéciales très sinueuses et sableuses, donc pas cassantes ni dangereuses en soit, mais avec par contre une pierre cachée à chaque corde...d'où le risque élevé de crevaison.

Pluie et brouillard au menu des recos en Sardaigne...

Quelques beaux jumps, des passages boueux en descente à 25%, quelques kilomètres « par-ci par-là » à bloc de 6 au milieu des arbres...il va y avoir du sport !

Les vendredis se suivent et se ressemblent (un peu) pourrait-on dire : nous parcourons la matinée avec un souci technique de taille - nous n'avons pas d'autobloquant !
L'assistance fait son taff à midi en remplaçant celui-ci et nous repartons tout comme en Jordanie dans l'optique de recoller au peloton...
« ...et D140, 40m Frein G90 Pas Corde... » Dans ce fameux Gauche, Al Quassimi sorti de sa voiture en faisant des gestes de bras pour se serrer à gauche, petite erreur de déconcentration, quelques centimètres trop à gauche, Seb ne percute pas la note...et c'est la roue avant gauche qui explose, la biellette de direction se tord.
Nous décidons de ne pas nous arrêter changer la roue, mais la biellette ne tient pas, et dans une compression sa rupture entraîne celle du cardan.

Je revois ma table de 5 : 5x3=15 minutes de pénalité (3 spéciales non courues). Et c'est en super rallye que nous repartons le samedi matin...la remontée du Jordanie va être un peu plus difficile à envisager !
Objectif : terminer 7ème pour marquer 2 points, car pendant ce temps-là « devant » ça bagarre sévère. Kosciusko et Prokop sont à la seconde, et dans l'hypothèse où le Tchèque gagne, nous nous devons de marquer autant de point que lui au Mexique, histoire de ne pas avoir de handicap.

Le lendemain nous avons carte blanche pour rouler et remonter au mieux...on ne se fait pas prier, et je goûte aux joies des gros jump dans le baquet de droite : les bras se lèvent, le cœur aussi...Ciel, forêt, flashs...et avant d'atterrir envoyer les notes suivantes...c'est énorme !


Le lot de mésaventure touche aussi nos concurrents et nous terminons à la 5ème place le dimanche soir à Porto-Cervo (petit Saint-Tropez local).
Malgré tout c'est un week-end très positif que nous avons réalisé : rencontrer des situations particulières (l'épisode d'Al Quassimi), découvrir un terrain très atypiques, peaufiner les réglages de l'auto...et 4 points qui nous maintiennent en tête du championnat.

Vous le savez, nous essayons Seb et moi de faire un maximum de reconnaissances de manches du mondial, à notre initiative et à nos frais, et après l'Argentine et le Portugal (IRC), nous avons fait celles de l'Acropole...où les conditions (cf photo) étaient vraiment difficiles...

(Grosse chaleur et pistes particulièrement cassantes pendant les recos de l' Acropole... et aprés l' effort; le réconfort !)

Ceci dit nous nous appliquons à capitaliser sur l'avenir, et en ce qui nous concerne « nous » les coéquipiers, vous comprenez bien que mettre les pieds dans des villes comme Athènes ou Buenos-Aires, et se rendre compte des spécificités des différents terrains rencontrés...ça rassure !

Nous décollons lundi pour le Polski Rally (Rallye national de Pologne, en WRC l'an prochain)...quelqu'un sait comment on dit « bonjour » en polonais ?

A bientôt !

    Bien sur, je réitère mes remerciements à Julien, nous sommes trés nombreux à suivre son parcours associé à celui de Seb par le biais de ce blog. Nul doute qu' à son retour de Pologne, Julien reviendra plus en détail sur ses voyages helléniques et polonais. Et puis je ne suis pas trop inquiet... Pendant son prochain voyage; la route de Julien croisera celle de Bryan Bouffier et Xav' . Ces deux là lui prodigueront surement quelques rudiments de la langue locale ...  Bon vent !

Par Nord Rallyes Images
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Vendredi 11 avril 2008
 
   Annoncée il y a déjà quelques temps, cette nouvelle rubrique: " Parole de copilote " voit enfin le jour ! Le copilote est celui qui parle le plus sur un rallye tout en étant celui dont on parle le moins. Le blog Nord Rallyes Images décide donc de leur laisser la parole. Et pour l' inauguration, ce n' est ni plus ni moins que Julien Ingrassia, la doublure de Sébastien Ogier en JWRC, membre de l' équipe de France FFSA qui nous fait l' honneur de revenir sur sa fabuleuse épopée mexicaine. Un immense merci à lui d' avoir pris le temps de nous faire partager son expérience malgré un emploi du temps surchargé. D'autres copilotes  suivront en attendant de retrouver Julien tout au long de ses pérégrinations mondiales. Flash back sur ce premier rendez-vous de la saison junior avant la Jordanie à la fin du mois.


Premières escapades sur le Continent Sud Américain

Comme promis à l'ami Gaétan il y a quelques temps, je saisis la chance qu'il m'est offerte de vous raconter notre aventure en Junior WRC cette année. Non seulement pour vous faire partager ces moments fabuleux qu'il nous est donné de vivre, mais aussi pour recevoir vos impressions, vos anecdotes, ou vos astuces !

Ce sera aussi l'occasion d'aborder notre job de copilote sous un autre angle...Évidemment je prêche pour ma paroisse, mais notre « métier de l'ombre » mérite d'être mis à la lumière, ne serait-ce que pour peut-être créer des vocations ?!

Mexico Rallye.

Je vous l'accorde, c'est un peu du réchauffé. La presse et les médias de manière générale ont - à notre grande surprise - largement couverts l'événement, et je n'aurai pas grand-chose à vous apprendre !
...En l'occurrence c'est plutôt Seb et moi qui avons tiré de nombreux enseignements de cette manche mexicaine.
Pour vous remettre dans le contexte, cette épreuve se présentait pour moi comme ceci, nous allions courir :
« à l'autre bout du monde, où on ne parle pas leur langue, où 80% des routes du pays sont en terre, où chaque journée de course est équivalente à une manche de championnat de France Terre (en kilométrage), où les règlements sont bien différents ...et où t'arrives même pas à savoir ce que tu commandes sur la carte du resto' ! »...
Après ça, et bien on relativise vite, car au-delà de ces appréhensions bien légitimes je pense, le reste ce n'est que du bonheur, et on se dit que, une fois le casque sur la tête, au départ des spéciales, on se retrouve dans son élément !

Pour cette épreuve du feu, les conditions de course pure n'étaient pas défavorables : spéciales larges et roulantes, peu cassantes, avec une altitude moyenne de 2400m (le moteur perd alors environ 25% de puissance), une météo au beau fixe...de ce côté-là pas d'inquiétude.

La première journée de course s'est vraiment déroulée au-delà de nos espérances : nous ne savions pas le moins du monde quelle serait notre place au milieu des Juniors, même si potentiellement nous nous sentions capables d'être sur le podium. De mon côté c'était les premières notes que j'envoyais depuis le 20 octobre 2007, les premiers pointages aussi, et la remise en jambe ne fut pas facile sur ce dernier point puisque je nous fais prendre une pénalité stupide de 20s. Lors d'un changement de roues entre deux spéciales (avec 2 roues de secours dans le coffre, nous avons interverti chaque essieu), j'ai mal estimé le ratio temps/distance restant, et la sanction a été immédiate, heureusement sans préjudice pour la suite de la course.
Concentration à 100% pendant 3 jours, chaque instant, du premier au dernier pointage, pas d'erreur : elle se paye cash et sans possibilité de retour en arrière...c'est l'aspect passionnant du co-pilotage, mais c'est aussi le côté tranchant de la lame !

première course et première victoire en JWRC sur la terre mexicaine.

 

Les méthodes de travail doivent être affinées en Championnat du Monde : systématiquement lors des Recce (les recos) prendre les temps de liaison entre deux CH, repérer les lieux adéquats pour les changements de roues, valider le road-book au maximum (les erreurs sur les cartes sont légions !)...c'est passionnant et exigeant.

Évidemment je ne pourrai pas vous retranscrire ici la joie de reprendre les notes après 900km de piste en terre, à la fin de chaque journée de reconnaissance...c'est tout de suite moins passionnant !
Quoique : pour le coup j'avais intégré quelques éléments nouveaux sur mes notes, comme par exemple placer un signe distinctif et visuel en haut de chaque page. La présence de cette bande hachurée me signalant si oui ou non nous devons changer la roue en cas de crevaison : après une évaluation de la perte de temps due à celle-ci, et en considérant le temps nécessaire au changement de roue ainsi que la longueur de la spéciale, on arrive à savoir instantanément s'il faut aller jusqu'au bout ou bien s'arrêter.

La C2 Super1600 est un outil fabuleux, un châssis d'anthologie et des suspensions dont on peine à voir les limites : habitué à notre 206 Volant, je me contractai à chaque réception de jump ou à chaque gué en béton...pour rien : l'impression d'être sur un coussin d'air !

Quant aux « à côtés » vous avez sûrement vu des images des cérémonies de départ et d'arrivée, il n'y avait pas de trucages : une ambiance de folie, des confettis pour chaque concurrent, un esprit fair-play et la sensation de vivre une immense fête collective...ça reste aussi un superbe souvenir. Côté « bouffe », j'ai laissé le soin à Seb de goûter un plat « picanto »...et ben il l'a pas fini !!!

Seb et Julien entourés d' afficionados argentins.

Recos d'Argentine.

Notre bon résultat du Mexique ne nous a pas laissé oublier qu'il n'est que la première des six manches en Junior, et que nous ne compterons les points qu'au Tour de Corse, et dans cette optique nous nous sommes remis rapidement au travail en anticipant il est vrai sur l'année 2009, mais surtout en ayant la volonté de continuer à acquérir de l'expérience.

Neuf jours avant le rallye d'Argentine nous avons décidé d'aller y faire les « Recce ». L'organisation du voyage n'a pas été une mince affaire : selon les compagnies aériennes le billet coûtait du simple au double...et sur le billet le moins cher il n'était pas précisé que notre retour en France se ferait avec 2 jours de retard...no comment - cela nous a permis de visiter Buenos-Aires !

À part cette petite anecdote fâcheuse, le reste du séjour a été un moment mémorable : un pays d'une verdure incroyable (il y pleut en moyenne trois fois plus qu'à Paris), une faune et une flore fantastiques (allez faire un tour sur notre site, chronique de ce mois-ci) et surtout des spéciales plus techniques qu'au Mexique.
Moins larges, beaucoup plus variées entre elles, plus cassantes : ça a été un bon exercice de prendre les notes « là-dedans » !


Recos filmées, trois cahiers remplis, nous avons pu ensuite profiter de la course en première loge, que ce soit à l'assistance en étant au sein de la structure Citroën, ou bien en spéciale, puisque nous avions la tâche de relever la météo et les splits pour le team.

Ce dernier exercice, que nous faisons « tous » lorsque nous allons en spectateur à un rallye, revêt un aspect particulier en mondial puisque nous sommes soumis à... « la règle du kilomètre ».
La FIA a décrété qu'aucun membre du team, n'avait le droit de se trouver dans un rayon de moins d'un kilomètre autour de la voiture de course (excepté en parc d'assistance et sur la spéciale elle-même).
Ce qui veut dire que ça demande une réflexion supplémentaire afin d'établir un itinéraire où vous ne « croiserez » pas Loeb ou Sordo. Et quand je dis « vous », c'est ni vous, ni la voiture dans laquelle vous vous déplacez...ça peut donc rapidement devenir un casse-tête entre l'endroit où l'on doit garer notre auto et le moment où il ne faut surtout pas être à moins d'un kilomètre sur le routier de la voiture de course.

La mythique épreuve spéciale " El Condor "

Nous envisageons d'effectuer d'autres reconnaissances, toujours en prévision du calendrier de l'année prochaine...mais d'ici là, la prochaine échéance nous emmène en Jordanie, sur des pistes compactes et brûlées par le soleil, avec notamment au programme une spéciale « parcours de santé » de 42km...à faire 2 fois le dernier jour de course !

A bientôt !        

                    Roulio.

Retrouvez toutes les infos de Seb et Julien sur www.sebastien-ogier.com



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