Il était une fois ... Kemmel .

Publié le par Nord Rallyes Images

    Une fois n' est pas coutume; direction la Belgique, et plus précisément le Westhoek, à quelques encablures de la ville d' Ypres,la cité des chats. Ils ne sont pas nombreux, les rallyes à pouvoir se targuer de posséder un haut lieu qui fait la légende de l' épreuve. Le mont Kemmel, c'est un peu comme le Turini au Monte-Carlo, il faut l' avoir vu au moins une fois pour se rendre compte.
    Les 24 heures d' Ypres (aujourd'hui Ypres Westhoek Rally), ont une saveur toute particulière pour moi. Tout d' abord à cause de sa renommée, et puis j' ai un peu l' impression d' y être chez moi. C'est surement l' un des plus beaux rallye du championnat d' Europe; et depuis 1989, je n' en ai raté que deux éditions. L'une à cause d' un service militaire bien loin de nos contrées occidentales, et la seconde à cause des hasards du calendrier qui ont fait que le rallye du Rouergue et Ypres avaient lieu à la même date en 2003. Cette année, si tout se passe bien, je devrais y prendre mon septième départ... alors retour sur ce rallye que je connais comme ma poche, et plein feu sur cette ES de Kemmel, appelée réellement "Heuvelland" . Il s' agit de la plus longue spéciale du rallye, et sans doute la plus belle ... 5... 4... 3... 2... 1... GO !!!
    Le départ est donnée sur la place du village de Kemmel d' où l' on sort par cette longue épingle gauche large. Une longue enfilade large et rapide nous dirige vers le mont, mais le premier gros freinage nous envoie sur la droite et une toute petite route bosselée étroite au grip quasi inexistant, caractéristique somme toute de cette épreuve particulière. Aprés quelques centaines de mètres, le rythme est pris... A la sortie de l' épingle gauche, 3 Km aprés le départ, on retrouve une route un peu plus large, et sur le sommet le long du hangar agricole, on plonge sur un droite vicieux qui referme, théatre de quelques sorties de route mémorables par le passé. La route se rétrécit et se dégrade, nous sommes sur "Steenhofstraat" au bout de laquelle se présente le fameux Pif-Paf défoncé où les cordes ressemblent à des trous de bombe. Là on récupère une partie du tracé de l' ES du rallysprint de Monteberg, ça devient hyper rapide. Encore quelques kilomètres et l' on arrive ensuite à Dranouter, sur le gauche large et piégeux qui attaque la remontée d'abord vers Monteberg et ensuite Kemmelberg. Aprés 800 M d' ascension, on plonge à gauche dans la foret, la route devient sentier et on traverse le Monteberg. La sortie du bois, trés vite, nous dépose au pied du mont Kemmel. Encore 500 mètres de montée large et rapide, et à l' ossuaire français, les voitures se jettent à droite dans le bois, sur un mince ruban de bitume trés étroit. Attention aux cordes à ne pas prendre, car le goudron saillant à vite fait de lacérer vos pneus! Vient ensuite ce gauche au ralenti à moitié dans la terre, puis la fin de la montée avant de se retrouver en haut du mont. La petite chicane en terre installée sur le parking de la brasserie est vite avalée et voici qu' on plonge dans la descente en pavés... Là c'est un bonheur indescriptible ! La voiture (quelqu' elle soit) dans tous les sens, en large dérive des quatre roues avant le freinage délicat en bas de la descente pour prendre le droite qui nous renvoie vers le Monteberg. La première fois que je suis passé là en course en 1995 avec Jimmy, il devait être minuit passé, et il faisait clair comme en plein jour grace aux flashes des photographes... Aujourd'hui encore, j' en ai des frissons. Par contre, en cas de pluie, c'est "Holliday on Ice" !
    La fin de la descente assez technique, nous propulse dans la plaine flamande. C'est là qu' on va trouver les fameuses cordes qui avalent la moitié des autos, véritables toboggans. Pour le novice, se jeter d' une corde à l' autre parait assez déroutant au début, mais bien vite, on rentre dans le jeu. Et de toute façon, il n' y a pas trop le choix, car l' etroitesse des routes obligent les autos à y descendre. Les plus belles se trouvent là, le long de la N322 entre Dranouter et Nieuwkerke. On vient de passer la mi-spéciale, et maintenant jusqu' à l' arrivée, le profil du chrono ne changera plus beaucoup. Routes étroites, bosselées et poussiéreuses... Bref comme au début, quoi !
L' arrivée à fond dans le village de Nieuwkerke est un grand moment aussi. Le droite large est soulagé et aprés avoir tourné à gauche au stop, on rentre sur la place pavée où sont installées les chicanes géantes. Spectacle assuré pour le public qui est toujours présent en nombre à cet endroit là. En sortant du village, on reprend une portion empruntée par le shakedown en sens inverse. Attention aux cailloux dégagés des cordes, cette partie est toujours trés délicate à appréhender. On rejoint ensuite la routes des estaminets où il fait si bon déguster une bonne bière locale, mais pas aujourd'hui, ce sera pour une autre fois... Encore quelques beaux passages assez sales, avant d' arriver au coin perdu, le long de la frontière française. C'est la remontée vers le Sarlinde, dernière taverne de la spéciale. Un dernier enchainement piégeux juste avant l' arrivée, et puis on prend le dernier gauche sur la grand route, et le chrono s' arrête !

    Voila pour ce qui reste le gros morceau de ce rallye hors norme. Malheureusement, tous les ans, sous la pression des écologistes locaux qui sont assez virulents, les organisateurs de la Targa Florio sont toujours un peu plus confrontés aux difficultés pour pouvoir traverser le Monteberg et le Kemmelberg. Par le passé, ça a valu quelques explications musclées. L' aménagement de zones ouvertes au public, et d' autres strictement interdites, semblent néanmoins avoir quelque peu calmé les esprits. Espérons que pendant longtemps encore, nous pourrons escalader ces monts des Flandres et parcourir cette ES de " Heuvelland " dans sa totalité ...

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Julien 14/04/2007 09:45

Whaaaa !On s'y croirait ! De plus, ça donne de bons repères pour la prochaine édition ;-) L'ambiance nocturne de ce rallye me manque énormément. Quel spectacle à l'époque !Merci Ch'Gaet !A+ Julien

Mic 12/04/2007 21:17

Pfou ...
Que de souvenirs de spectateurs et de photographe cette spéciale ! Si je devais en retenir un, ça serait l'année où Renaud Verreydt est passé tout en glisse au volant de la Célica GT Four, avec la tête en dehors de l'auto pour piloter car un début d'incendie un peu plus tôt dans l'ES avait bien endommagé et surtout noirci le pare-brise de la Toy ! Fabuleux !
Mic