Samedi 1 août 2009
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17:02
Nous étions Eric et moi, quasi obligés de gagner la quatrième manche du trophée Clio R3 pour pouvoir garder le
contact avec les leaders que sont D.Rebout et E.Lemaitre. Les choses sont trés claires au départ de ce trentième rallye de la montagne noire. La première étape nocturne allait se trouver amputée de
la première spéciale trés rapide, due à la sortie de route d' une voiture ouvreuse. C'est donc le trés selectif chrono "Les Yes" qui allait ouvrir les hostilités. Au départ de cette ES, sans doute
la plus belle du rallye; je connais un coup de stress. Ma montre tombe en panne, en même temps que mon chrono de secours. Le temps d' arracher le chrono interne de la voiture de course, et le
commissaire en place sur la ligne de départ ne me rend pas mon carnet... le temps d' y corriger une erreur, il ne me le rendra qu' à moins de 10 secondes du départ. C'est un peu déconcentré que je
m' élance dans le chrono. Il aura fallu 4 virages et un rappel à l'ordre d' Eric pour me ressaisir, et le premier temps scratch du trophée tombe dans l'escarcelle de notre Clio Direct Telecom...
Rebout est en proie avec des coupures d'allumage, et tous nos adversaires se retrouvent à plus d'une seconde au kilomètre sauf le tout jeune Mathieu Arzeno. Le marseillais roule ici pour la
première fois dans le cadre du Trophée avec sa Clio R3, et au terme de ce premier chrono, il ne nous rend qu'une seconde et demie. La course est belle et bien lancée, et on se doute bien que nous
aurions du fil à retordre lors de la longue journée du samedi.
Et ce que nous redoutions allait arriver. Mathieu Arzeno et Sebastien Mouillas vont se charger d'enfiler les meilleurs temps, et au terme de la première boucle, ils sont désormais
leaders du Trophée.Juste derrière, Eric et moi regardons les feuilles de temps un peu impuissants, mais les écarts sont faibles et nous continuons à maintenir un gros rythme, sachant que les
secteurs chronométrés vont se dégrader au fil des passages. Nous nous disons que ce serait peut être à notre avantage, puisque Arzeno semble s'en plaindre. Lui qui vient du circuit est peut être un
peu plus géné que nous par ce facteur. Mais rien n'y fait... Dans la seconde boucle, l'écart augmente encore, et c'est avec un peu moins de vingt secondes de retard que nous aborderons le
dernier tour. Dans fontbruno, spéciale large et trés propre, toute en trajectoire tendue, typée circuit, Arzeno continue son récital, et dans "La Loubatière", avant dernier chrono, une pierre
sortie par la Subaru de Bonfils nous attend, posée en pleine trajectoire. Impossible de l' éviter; et le choc va nous casser net la jante, entrainant irrémédiablement une crevaison franche. Nous
finirons les 4,5 kilomètres restants lachant une quarantaine de seconde dans l' aventure. Sitôt le point-stop passé, nous nous attelons à changer la roue avant gauche en triste état. Et sortant de
nul part, Daniel, notre manager arrive en courant et nous annonce: " Arzeno a un souci de Direction assistée..." effectivement, le jeune marseillais ne nous colle qu' une vingtaine de
secondes... Le calcul est vite fait. Les 16 kilomètres de "La Tourette" sans D-A seront un calvaire pour Mathieu et Sebastien, et la grosse quarantaine de secondes de retard que nous comptons à cet
instant précis semble tout à coup tout à fait remontable. La roue de secours bien en place, nous ne perdons pas de temps pour rejoindre le départ du dernier chrono; et puis tout à coup, la Clio se
met à l' équerre sur un freinage... Eric me lance: " On a une roue arrière qui se barre. " nouveau controle des serrages, les roues arrières sont normales, et Eric trouve enfin le souci. Dans notre
crevaison, le flexible de frein avant gauche a été percé, et sur les gros freinages et les appuis dans les drroites, le liquide se répand sous les roues arrières envoyant l' auto en tête à queue...
Nouveau coup de stress ! Là encore, le problème est vite résolu... Il faut rouler comme ça, et advienne que pourra !
Et nous partons pour ces fameux 16 kilomètres qui vont me paraitre interminables. Sur tous les gros freinages, je ne peux m' empecher de jeter un coup d'oeil sur les pieds d' Eric et
j' attends le moment où la voiture décrochera... Elle ne le fera qu' une seule fois en tout début de spéciale, Eric a ensuite géré la situation d'une façon extraordinaire, tout en continuant à
rouler soutenu. La vision du point-stop fut un vrai soulagement pour moi... restait maintenant à attendre Arzeno qui partait derrière nous. Un peu moins de deux minutes aprés, c'est la Toyota de
Pueyo qui va se présenter... Il a doublé la Clio jaune et grise, et comble de malheur pour Arzeno, celui ci va même crever; laissant dans cet ultime chrono tous ses espoirs... restait encore pour
nous à savoir si nous avions gardé assez d' avance sur Lionel Comole pour décrocher ici notre seconde victoire dans le Trophée. Aprés de multiples calculs refaits 10 ou 15 fois, aprés des coups de
fil à Julien pour savoir si il avait les temps de Comole dans la dernière ES via internet, le résulat sera enfin confirmé. Le malheureux Lemaitre, contraint à l'abandon, et "Titi" Rebout ne
décrochant pas mieux qu' une quatrième place nous replace dans la meilleure des positions pour la suite du calendrier... Notre seconde place au général avec trois résultats, à deux points de
Rebout va nous permettre de passer un été serein avant de retrouver la meute des Clio à Amboise à la fin du mois d' aout.
Et puis, pour conclure ce week end riche en émotion, juste un petit clin d'oeil à l' équipe de Renault Sport qui a eu la bonne idée d' organiser un barbecue nocturne de fin de
rallye... Merci à eux pour cette bonne soirée !