Rallye Alsace-Vosges; final à suspens !

Publié le par Nord Rallyes Images

    On pourrait croire qu' Eric Mauffrey est devenu le spécialiste des finals dignes d'un scénario d'Alfred Hitchcock dans son épreuve, tant le suspens cette année fut encore de mise. On se rappelle l' édition 2007 où au départ du dernier chrono, Mauffrey et Rouillard étaient dans le même centième de seconde; et cette année encore les deux mêmes protagonistes nous rejouaient la même partition toujours dans la fameuse spéciale de Corcieux. Mais avant d'en arriver là, retour sur un week end riche en émotion.

    Le prologue du vendredi soir sur le Champ de Mars d'Epinal reste anecdotique sportivement parlant. Les hostilités débutent réellement le lendemain, et la question qui se pose sur toutes les lèvres a trait à la météo qui s' annonce capricieuse durant tout le week-end. Pour essayer de palier à ce problème, nous avons marqué 4 pneumatiques "A02" à gomme tendre dans notre quota. Cette option fut la bonne, puisque nous allons rouler une bonne partie de cette première journée avec ces gommes là. Trés vite, nous nous portons en tête du trophée BF, avec en prime une troisième place sur le podium scratch. Si durant les deux premières boucles, tout se passe à merveille, les choses se compliquent un peu lors des deuxièmes passages dans "La Charbonnière" et "Moyenmoutier". Malgré un soleil brillant de mille feux au parc d' assistance de St Dié, c'est bien une route humide qui nous attend dans "La Charbonnière", et sitôt le point stop franchi, une averse diluvienne s' abat sur notre 306 qui tombera en panne d'essuie glace quelques instants aprés. Sur ce coup là, nous n'étions pas mécontent de nos "A0". Caprice du ciel, ou de la topographie vosgienne; au départ de "Moyenmoutier" la route est complétement sèche. Cette ES déjà pas à notre avantage va se révéler compliquée et elle aura définitivement raison de nos pneus. Pour la dernière boucle (Raids de Robache et Chatas) qui s' annonce sèche, nous chausserons donc pour la première fois du week-end des "A10". Et nous allons connaitre notre première grosse alerte dans "Chatas" où sur un freinage optimiste peu aprés le départ au même endroit que Dany Snobeck, la 306 s'envole dans un talus, frisant la correctionnelle, le tout devant le fan club d' Eric Brunson. La jante avant droite chargée de terre provoquera un balourd durant le reste du chrono, non content de cette mésaventure, on s' offrira encore une marche arrière dans la fameuse épingle. Un second passage dans la super spéciale d' Epinal en guise de conclusion de cette première étape verra la 307 de Snobeck nous repasser pour 1 seconde et un dixième pour le gain de la troisième marche du podium. L'étape dominicale nous reserve encore du boulot avec deux fois les deux gros morceaux que sont "Tendon" et Corcieux" à avaler. Si la première ES nous sourit, le premier passage de Corcieux s' avère catastrophique. un faux rythme, des pneus qui ne montent pas en température, une motricité qui a du mal à passer, et notre capital de 25 secondes d'avance sur la Celica de Patrick Rouillard et Guilhem Zazurca vient de fondre comme neige au soleil. Si bien qu' en se présentant sur la ligne de départ du dernier chrono à Corcieux, nous avons 14 secondes de retard sur Snobeck, et moins de 5 d'avance sur Rouillard. Nous sommes en slicks et nous savons que nous allons rencontrer la pluie dans ces 27 kilomètres. Juste avant le CH de départ, nous avons pris soin de les larder de coups de cutter, pour leur permettre de chauffer plus vite et aussi se dire que sous l' eau, ce sera peut être mieux... Et c'est parti pour un ultime chrono de folie. C'est sur un gros rythme que nous attaquons cette ES, nos ouvreurs viendront nous panneauter à mi spéciale. Nous sommes en avance, mais jusqu' à maintenant la route était plutôt sèche. Quand la pluie arrive, il reste à peine dix kilomètres. D'abord fine, elle ne tarde pas à devenir trés soutenue, noyant la route de coulées d'eau. A deux ou trois reprises, le train avant se dérobe, manquant de nous envoyer dehors. Dans l' habitacle, on se dit que vu la tournure prise, c'est mort !
    Quand on arrive enfin au point stop, je lache vaguement à Eric: " Quelle catastrophe..." Et puis, tel un diable surgissant de sa boite, Daniel, notre manager brandit son carnet en fendant la foule, et il crie: "C'est bon, vous en mettez 20 à Snobeck !" c'est un peu la confusion, on a du mal à y croire. Mais le plus important, c'est d'attendre le temps de Rouillard... Il me semble que jamais la Toyota n' arrive derrière nous. Je réclame son temps toutes les dix secondes... Et quand enfin le verdict tombe : "il est dans la même seconde"; c'est une explosion de joie et d' émotion. Ce qu'il se passe alors est indescriptible! Une heure et demie avant, on était en train de tout perdre, et deux spéciales plus tard, nous voila propulsés sur le podium...  Que c'est beau le rallye !

Publié dans Championnat de France

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Bruno 27/05/2008 09:59

Rhhhââââââââ................................!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!On ne lâche rien !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!Bravo à tous les deux et à toute l'équipe derrière !!

Julien l Ergo 26/05/2008 21:38

Géant ! Bravo ! Cela fait toujours aussi plaisir de vous voir sur un podium. Comme un copilote masqué dirait : "vous n'avez rien lâché" !Sur la photo du podium, on notera la technique de l'équipage... Eric fait un tire de couverture et arrose tout le podium tandis que Gaëtan, en voltigeur, charge en avant ! ^^

Mic 26/05/2008 09:32

Hello Gaêt !Je suis un peu déconnecté des rallyes en ce moment mais je parviens toujours à te suivre grâce au net ...Bien joué ce coup là, sympa de lire le résumé ( surtout que je l'ai raté sur Sport+ ) ... et merde pour la suite of course !Encore Bravo ma Poule :)

Maxence 24/05/2008 15:01

Bien joué Ch'gaet !!

Gaetan 23/05/2008 17:54

Merci à tous pour vos encouragements ... ça fait du bien ! Surtout de la part de quelques personnes qui ne sont d'habitude pas trés prolixes en commentaires. (clin d'oeil particulier à Norbert par exemple)