Jeudi 4 décembre 2008 4 04 /12 /Déc /2008 18:20

   Par enfin fini, on entend bien sur que le championnat de France des rallyes a connu son épilogue à l' issue d' un rallye du Var dantesque de par ses conditions météo, plutôt digne d' un rallye du Touquet des grandes années; mais aussi parce qu' Eric Mauffrey et moi même n' avions plus vu un podium d' arrivée depuis prés de six mois. C'était à l' occasion du rallye du Limousin. Aprés de multiples déboires, nous étions finalement au départ de ce rallye du Var avec une "grand-mère" de chez Boreham, et ce ne fut pas de tout repos... 
   Vendredi 28 novembre, 3 ES sont au programme de l' aprés midi. Nous chaussons les slicks sur la Ford dans l' espoir de faire un "coup", mais trés vite, il va falloir déchanter. Avant même de nous élancer dans le premier chrono, le rallye prend déjà une heure et demie de retard. Et pendant ces 90 minutes, il n' arrête pas de pleuvoir un seul instant... Le coup des pneus, c'est raté ! Soupe à la grimace, et mauvais rythme, cette première étape est vite à oublier pour nous. Le samedi est un autre jour ! Ca va nettement mieux à bord de l' Escort, mais Eric a beau se battre, nous sentons bien que le poids des années se fait sentir face aux autos de dernières générations. Même si le plaisir est là, que quelques temps sont trés corrects, c'est avec un leger sentiment de frustration que nous prenons le départ de chaque spéciale. Heureusement, un grand moment de rallye viendra clore la journée avec la spéciale de Collobrières de nuit, dans le brouillard et des trombes d' eau qui s' abattent sur le pare brise ... je peux vous dire que quand vous arrivez au point stop sans avoir effectué la moindre boulette, vous pouvez vous dire qu' une ES comme celle que vous venez de vivre, ça ne se reproduira pas demain !

 

 


   Au terme de cette seconde étape où nous avons quasiment doublé à chaque spéciale le concurrent parti devant nous, nous sommes remontés à la quatorzième place au scratch, bien décidés à croquer la 207 S2000 de Greiffenberg le lendemain. Levés bien avant l' aube ce dimanche, Eric et moi abordions sereinement cette dernière journée de course, composée de seulement deux chronos, mais totalisant prés de 70 Km de chronos (37 + 32). Malheureusement, la journée n' allait toujours pas se passer comme prévue. Dans la première, Nous allons être stopé par la C2 S1600 de Jeff Berenguer posée sur les portières au milieu de la route... résultat : temps forfaitaire. Et dans l' ultime chrono de ce rallye, c'est la 207 de Guillaume Canivenq, parti jouer les pompiers pour essayer de sauver la Subaru en flamme qui arrêtera le convoi... Deuxième temps forfaitaire ! Fin du rallye, fin du championnat, sans grande motivation ... Seuls points positifs du week-end; nous avons pu constater que l' Escort jouissait encore d' une immense côte de popularité auprés du public; et ensuite nous avons enfin rejoint une arrivée... Décidemment, vivement 2009 !


Photo: Michael - Midy Pix.

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Vendredi 7 novembre 2008 5 07 /11 /Nov /2008 18:26

   La Redoute, Belgique - Janvier 1993. J' ai là le souvenir d' un passage de folie du "Grand". Patrick Snijers au volant de la Ford Escort "Bastos" était alors à l' apogée de sa carrière dans le championnat national outre Quiévrain. Ce passage lors des Boucles de Spa, sera suivi de dizaines d' autres... La Ford Escort RS Cosworth Gr.A venait d' entrer en moi comme l' arme absolue du moment pour gagner en rallye. Et puis cette bagnole, elle a une "Gueule" avec son aileron monstrueux hérité des premières Sierra du même nom, sans oublier un bruit d' enfer avec le sifflement si particulier de la waste-gate de turbo, ah oui, c'est certain; l' Escort a vraiment un coté trés particulier pour moi ! 

       Et puis, quand Steph' Pustelnik est venu rouler en 2000 au rallye de la Lys, il n' en fallait pas plus... Il fallait absolument que je pose mes fesses dans cette vraie auto de course. L' Escort que possédait Stéphane portait l' immat " J 39 XHJ " et portait bien évidemment le sceau de Boreham. C'était entre autre l' auto avec laquelle Bruno Thiry avait failli s' imposer en Corse en 1995. Un foutu roulement de roue en avait alors voulu autrement. Donc, sur ce rallye de la Lys, je m' imposai comme passager de Stéphane pour une séance de déverminage d'avant rallye. Je me remémorais alors le coup de volant du "grand", et l' impression ressenti de l' extérieur était encore plus intense de dedans. Ça ne faisait que confirmer pour moi que cette auto était une arme redoutable en rallye. Lors de ce printemps 2000, j' étais loin de me douter que je retrouverai cette auto.
       Morzine - Septembre 2004. Je suis engagé dans le rallye du Mont-Blanc aux cotés de Jean Marie Lexcellent. C'est notre premier rallye ensemble, et c' est aussi la première fois que roulerai en course dans cette auto qui m' a tellement marqué. Pour bien faire les choses, l' Escort en question est bien l' ancienne auto de Stéph' et porte toujours l' immatriculation britannique. Je ne garde que de bons souvenirs de ce rallye, malgré une crevaison dans la descente de Joux-Plane. Le claquement de l' échappement dans la nuit qui illumine l' intérieur de l' habitacle, le coup de pied au cul qu' on prend lorsque le moteur Cosworth vous arrache de la ligne de départ ... Ah oui, vraiment que de bons souvenirs !
      Sainte Maxime - Novembre 2008.Dans trois semaines, je retrouverai la même auto. Après notre désillusion au soir du rallye du Touquet, et l' impasse sur les Cévennes qui en suivit, Eric Mauffrey a trouvé une solution pour pouvoir s' aligner sur la dernière manche du championnat de France. Ce sera sur une Ford Escort Cosworth Gr.A immatriculée " J 39 XHJ " suivie par l' ami Jacky Marché. Aprés 2000, 2004, et maintenant 2008; je me dis qu' en 2012, je retrouverai peut être cette auto... Allez savoir ?

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Samedi 25 octobre 2008 6 25 /10 /Oct /2008 16:21

   Le dimanche soir clôturant un triste rallye du Touquet arrosé par une sombre pluie automnale, je me retrouvais dans l' aérogare d' Orly Ouest en attendant l' embarquement pour le vol Air France à destination d' Ajaccio. Accompagné de Nico Baudin, Arnaud Augoyard et Anne Brahy, nous évoquions la semaine de "mondial" qui nous attendait. Arrivé le soir même dans la douce chaleur de l' ile de beauté, la course catastrophique que nous venions de vivre Eric et moi sur la Côte d' Opale à bord de la 307 était déjà oubliée. Déjà sur place, l' ami Antoine Paque était venu nous accueillir avec Jacques Julien Renucci, à notre descente d' avion.
   L' aventure que nous allions vivre Antoine et moi s' est en fait décantée en quelques jours. Armando Perreira et Alain Vauthier, deux potes lorrains habitués du Tour de Corse au volant de leur WRC respective, étaient en panne de copilotes. Après un coup de fil d' Alain, nous nous sommes retrouvés, nous les deux nordistes à la droite des deux hommes de l' "Est". C'est donc aux cotés d'Alain que j' allais passé la semaine; tout d' abord pour les recos du fameux Tour, et ensuite durant tout le week end de course. Sortant juste de la 307, et connaissant déjà la 206 WRC pour avoir roulé dans une version 2001 aux cotés de Jean Marie Lexcellent, l' auto ne me posait aucun soucis. J' avais consciencieusement épluché la réglementation FIA appliquée en championnat du monde, le seul petit paramètre qui pouvait nous poser problème à Alain et moi, concernait plus notre entente et notre façon de travailler à chacun, car il fallait bien se rendre à l' évidence que pour une première course ensemble sans réellement se connaître; débuter par le Tour de Corse, n' était certainement pas la chose la plus facile. D'ailleurs, Armando et Antoine se trouve exactement dans la même position que nous. Je dois bien avouer qu' au départ du rallye, j' avais quelques appréhensions sur des notes un peu longues à annoncer sur des spéciales qui n' arrêtent pas de tourner une seconde, et les deux seuls passages en reconnaissance ne m' aidaient en rien.
Finalement, l' expérience fut excellente, et tout s'est passé idéalement. La mise en jambe fut assez prudente en début de rallye, mais le rythme haussa assez rapidement au cours de la première journée, pour finir sur une ES presque parfaite avec les 27 kilomètres et demi d' Arbellara-Aullène.
    Une autre grande découvert se présentait pour nous tous, à savoir comment allaient se comporter les pneumatiques P-zéro imposé par la FIA. Le ressenti fut quand même assez bizarre, avec l' impression parfois de prendre des risques avec des gommes pourtant neuves qui dégradait le comportement de l' auto, mais les conseils donnés par le staff de chez Pirelli s' avéraient judicieux et pertinents, et avec Alain, nous sûmes gérer le problème, n' hésitant pas parfois à chausser des pneus usés à la place de neufs pour préserver notre capital confiance. La seconde étape, avec les spéciales difficiles au nord d' Ajaccio fut assez complexe pour moi. C'est celle où je me sentait le moins à l' aise, et c'était aussi sûrement la plus technique du rallye. La chaleur qui baignait la Corse n' arrangeait probablement rien non plus à mon cas, mais j' étais content d' en voir la fin samedi soir. Physiquement, mais surtout nerveusement, j' accusais un coup de fatigue sévère, et paradoxalement, c'est durant cette journée où nous avons réalisé nos meilleurs temps. Il nous est arrivé plusieurs fois de signer des seizièmes chronos, très proches des voitures officielles devant nous... La bonne nuit réparatrice avant l' étape dominicale et finale de ce rallye m'avait redonné la "pêche". Après avoir bouclé les quatre longues dernières spéciales de ce Tour de Corse, le dernier point-stop fut une fois de plus, un moment fort en émotion. Outre la traditionnelle poignée de main que s' échange l' équipage, il y a forcément énormément de monde à ce point-stop. C'est là aussi que toute la pression accumulée au long de trois jours de course retombe d' un seul coup. Pris par ma tâche durant ce rallye, et la tension retombant, je n' avais que rarement vécu un sentiment comme celui que je ressentais à cet instant précis, d' autant plus que notre dix huitième place finale représentait un excellent résultat. Les 17 WRC de pointe devant nous pouvant être considérées comme officielles ou semi-officielles, c'est avec le statut de premier équipage amateur que nous rejoignions le port d' Ajaccio, contents et fiers du bon boulot accompli. Et puis pour que la fête soit vraiment totale, j' ai eu la chance de vivre en "live" le titre mondial de mon pote Julio, assis à la droite de Sebastien Ogier ! Ces deux là en partageront sûrement encore plein d' autres, mais celui là, c'est le premier et je suis sacrément heureux d' y avoir assisté. Voir le regard humide de Julien et se serrer dans nos bras à la fin d' un rallye comme celui là, ça, c'est des grands moments de sport ...

   Pour finir, j' aimerai juste adresser un message personnel de remerciements à Jess, et pour toute l' équipe de Jean Christophe Wagner. Michael et l' ensemble de ses gars nous ont concocté des voitures parfaites... Nous finissons une épreuve de championnat du monde sans le moindre petit pépin sur l' auto (juste une petite alerte d' embrayage avant même le départ). Et bien sur, un immense merci à Alain, Armando et Antoine; ainsi qu' à tout ceux qui durant cette semaine nous ont témoigné leur sympathie.

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Samedi 18 octobre 2008 6 18 /10 /Oct /2008 18:30


   Cette édition 2008 du rallye du Touquet sera vite à oublier. Cela devait être une fête, avec des conditions météo dantesques, notamment lors de la dernière journée de course, et c'est justement lors de cette dernière étape que le rallye tourna au fiasco pour notre 307 arborant le N° 2. Mais bien avant même ce dimanche calamiteux, le rallye tout entier fut catastrophique. L' épreuve débutait dès le vendredi soir par deux chronos nocturnes sur des spéciales hyper rapides au sud du Touquet. Ligne de départ de l' ES N° 1, et premier pépin... Nous calons, et lachons dans l' affaire environ déjà une quinzaine de secondes. A l' issue de cette première étape, Eric Brunson a déjà mis tout le monde d'accord. Nous sommes relégués à prés de 50 secondes. La tâche s'annonce compromise. Le lendemain, sous un ciel encore clément malgré un vent trés violent, les choses semblent quelque peu s'arranger. Nos temps sont corrects, nous devançons régulièrement José Barbara et faisons jeu égal avec le leader. Et puis arrive "Bourthes", le morceau du rallye avec ses 25 kilomètres remplis de piège. Au détour d' une épingle droite serrée, l' auto cale et la boite reste bloquée sur le second rapport. Plus moyen de redescendre, plus moyen de démarrer... Il faudra relancer la 307 au démarreur avec l' aide des spectateurs. Dans l' affaire, c'est encore une minute pleine qui s'envole. La galère continue... Dimanche, la journée s' annonce périlleuse avec encore 8 spéciales à parcourir sous la pluie, dont deux fois la trés redoutée "St Josse - La Calotterie" transformée (comme de coutume) en champ de mine. Cette ES nous réussira d' ailleurs puisque nous y signerons le temps scratch, suivi d' un second dans la suivante. Ensuite, c'est Snobeck qui prendra le relais et nous verrons au fil de la journée, notre avance fondre comme neige au soleil. Et puis, le deuxième passage dans Montcavrel va avoir raison de nous. Au sortir d' un "Droite A Fond", l' arrière de la 307 va légèrement mordre le bas coté en herbe comme on a pu le faire 30 fois déjà depuis le début du rallye, mais là, ça ne passera pas. Un choc assez violent casse net la roue arrière gauche de l' auto, arrachant au passage une rotule et le disque de frein... Désarticulée, Eric va ramener la 307 blessée jusqu' au point stop du chrono tant bien que mal, mais là, il faudra se rendre à l' évidence... Avec encore deux ES à parcourir, il est impossible de pouvoir continuer. C'est d'autant plus rageant que dans le même chrono, Dany Snobeck sortira de la route, rectifiant tout l' arrière de la 307 Bozian. Lui, connaitra un peu plus de chance dans son malheur, aucun élément mécanique ne sera endommagé. Voila donc, une triste issue à c e rallye à domicile pour moi. Comme l' a dit trés humblement Eric; nous avons été mauvais sur ce rallye... Incapables de prendre la mesure d' Eric Brunson seul au monde; incapables de maintenir à distances les deux "anciens" que sont José Barbara et Dany Snobeck; incapables de dominer tout simplement une 307 que nous pensions avoir mis à notre main... Le bilan n' est pas trés réjouissant, mais aprés reflexions et avec un peu de recul, des solutions s' offrent à nous. Le moral et la confiance sont toujours là, et il faudra compter avec nous aux Cévennes!

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Samedi 20 septembre 2008 6 20 /09 /Sep /2008 16:26

  
   Mai 1996, Peugeot Sport a la bonne idée d' envoyer sa formule de promotion "rallyes" en Corse pour disputer une étape du mythique Tour de Corse, le rallye aux 10 000 virages. Stéphane Pustelnik, en panne de copilote avait fait fait appel à mes services pour ce rendez-vous un peu particulier. A bord de nos 106 rallyes 1300 Gr.N, nous avions alors baroudé pendant quinze jours sur les petites routes corses pour une épreuve qui cette année là ne compterait que pour le championnat du monde 2 litres. Nous découvrions alors quelques haut lieux du mondial, le pénitencier de Coti-Chiavari, la bosse monstrueuse de Filitosa, les cochons sauvages sortis de nul part qui se baladaient au milieu des routes etc... Entre Jimmy et Stéphane, inséparables à l' époque, nous y avions même laissé quelques bouts de carrosserie de nos mulets dans le maquis. L'expérience fut exceptionnelle à tout point de vue, et le séjour passé avec nos potes du volant Peugeot aidé de ceux du trophée Cinquecento d' alors était à marquer d' une pierre blanche. 
   Douze années ont passé et début octobre, je me retrouverai de nouveau sur l' ile de Beauté et toujours pour ce fameux Tour de Corse. L' épreuve aura beaucoup changé avec les formats modernes donnés aujourd'hui aux épreuves. L' auto, elle aussi aura un peu évolué. Même si ça restera une Peugeot, celle ci est un peu plus bodybuildée que notre 106 rallye d' alors, puisque c' est à bord d' une 206 WRC dernière génération que je prendrai place. C' est finalement aux cotés d' Alain Vauthier que j' officierai. Pour mon trentième pilote différent, c'est encore un homme de l' Est que je retrouverai. Nous nous sommes croisés avec Alain à différentes reprises, et c'est bien sur avec grand plaisir que je le seconderai, d'autant plus que mon pote Antoine Paque naviguera lui, Armando Perreira au sein de la même équipe. Deux hommes du Nord avec deux hommes de l' Est, chacun dans une WRC sur l' une des plus belles manches du championnat du monde ... Que demander de plus ?  Elle est pas belle la vie ?

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  • : 14/06/2005

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