Par enfin fini, on entend bien sur que le championnat de France des rallyes a connu son épilogue
à l' issue d' un rallye du Var dantesque de par ses conditions météo, plutôt digne d' un rallye du Touquet des grandes années; mais aussi parce qu' Eric Mauffrey et moi même n' avions plus
vu un podium d' arrivée depuis prés de six mois. C'était à l' occasion du rallye du Limousin. Aprés de multiples déboires, nous étions finalement au départ de ce rallye du Var avec une
"grand-mère" de chez Boreham, et ce ne fut pas de tout repos...
Vendredi 28 novembre, 3 ES sont au programme de l' aprés midi. Nous chaussons les slicks sur la Ford dans l' espoir de faire un "coup", mais trés vite, il va falloir déchanter. Avant
même de nous élancer dans le premier chrono, le rallye prend déjà une heure et demie de retard. Et pendant ces 90 minutes, il n' arrête pas de pleuvoir un seul instant... Le coup des pneus, c'est
raté ! Soupe à la grimace, et mauvais rythme, cette première étape est vite à oublier pour nous. Le samedi est un autre jour ! Ca va nettement mieux à bord de l' Escort, mais Eric a beau se
battre, nous sentons bien que le poids des années se fait sentir face aux autos de dernières générations. Même si le plaisir est là, que quelques temps sont trés corrects, c'est avec un leger
sentiment de frustration que nous prenons le départ de chaque spéciale. Heureusement, un grand moment de rallye viendra clore la journée avec la spéciale de Collobrières de nuit, dans le
brouillard et des trombes d' eau qui s' abattent sur le pare brise ... je peux vous dire que quand vous arrivez au point stop sans avoir effectué la moindre boulette, vous pouvez vous dire qu'
une ES comme celle que vous venez de vivre, ça ne se reproduira pas demain !
Au terme de cette seconde étape où nous avons quasiment doublé à chaque spéciale le concurrent
parti devant nous, nous sommes remontés à la quatorzième place au scratch, bien décidés à croquer la 207 S2000 de Greiffenberg le lendemain. Levés bien avant l' aube ce dimanche, Eric et moi
abordions sereinement cette dernière journée de course, composée de seulement deux chronos, mais totalisant prés de 70 Km de chronos (37 + 32). Malheureusement, la journée n' allait toujours
pas se passer comme prévue. Dans la première, Nous allons être stopé par la C2 S1600 de Jeff Berenguer posée sur les portières au milieu de la route... résultat : temps forfaitaire. Et dans l'
ultime chrono de ce rallye, c'est la 207 de Guillaume Canivenq, parti jouer les pompiers pour essayer de sauver la Subaru en flamme qui arrêtera le convoi... Deuxième temps forfaitaire ! Fin du
rallye, fin du championnat, sans grande motivation ... Seuls points positifs du week-end; nous avons pu constater que l' Escort jouissait encore d' une immense côte de popularité auprés du
public; et ensuite nous avons enfin rejoint une arrivée... Décidemment, vivement 2009 !
Photo: Michael - Midy Pix.
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Et puis, quand Steph' Pustelnik est venu rouler en 2000 au rallye de la Lys, il n' en fallait pas plus... Il fallait absolument que je pose
mes fesses dans cette vraie auto de course. L' Escort que possédait Stéphane portait l' immat " J 39 XHJ " et portait bien évidemment le sceau de Boreham. C'était entre autre l' auto avec
laquelle Bruno Thiry avait failli s' imposer en Corse en 1995. Un foutu roulement de roue en avait alors voulu autrement. Donc, sur ce rallye de la Lys, je m' imposai comme passager de Stéphane
pour une séance de déverminage d'avant rallye. Je me remémorais alors le coup de volant du "grand", et l' impression ressenti de l' extérieur était encore plus intense de dedans. Ça ne faisait
que confirmer pour moi que cette auto était une arme redoutable en rallye. Lors de ce printemps 2000, j' étais loin de me douter que je retrouverai cette auto.
Morzine - Septembre
2004. Je suis engagé dans le rallye du Mont-Blanc aux cotés de Jean Marie Lexcellent. C'est notre premier rallye ensemble, et c' est aussi la première fois que roulerai en course dans cette
auto qui m' a tellement marqué. Pour bien faire les choses, l' Escort en question est bien l' ancienne auto de Stéph' et porte toujours l' immatriculation britannique. Je ne garde que de bons
souvenirs de ce rallye, malgré une crevaison dans la descente de Joux-Plane. Le claquement de l' échappement dans la nuit qui illumine l' intérieur de l' habitacle, le coup de pied au cul qu' on
prend lorsque le moteur Cosworth vous arrache de la ligne de départ ... Ah oui, vraiment que de bons souvenirs !
Une autre grande découvert se présentait pour nous tous, à
savoir comment allaient se comporter les pneumatiques P-zéro imposé par la FIA. Le ressenti fut quand même assez bizarre, avec l' impression parfois de prendre des risques avec des gommes
pourtant neuves qui dégradait le comportement de l' auto, mais les conseils donnés par le staff de chez Pirelli s' avéraient judicieux et pertinents, et avec Alain, nous sûmes gérer le problème,
n' hésitant pas parfois à chausser des pneus usés à la place de neufs pour préserver notre capital confiance. La seconde étape, avec les spéciales difficiles au nord d' Ajaccio fut assez complexe
pour moi. C'est celle où je me sentait le moins à l' aise, et c'était aussi sûrement la plus technique du rallye. La chaleur qui baignait la Corse n' arrangeait probablement rien non plus à mon
cas, mais j' étais content d' en voir la fin samedi soir. Physiquement, mais surtout nerveusement, j' accusais un coup de fatigue sévère, et paradoxalement, c'est durant cette journée où nous
avons réalisé nos meilleurs temps. Il nous est arrivé plusieurs fois de signer des seizièmes chronos, très proches des voitures officielles devant nous... La bonne nuit réparatrice avant l'
étape dominicale et finale de ce rallye m'avait redonné la "pêche". Après avoir bouclé les quatre longues dernières spéciales de ce Tour de Corse, le dernier point-stop fut une fois de plus, un
moment fort en émotion. Outre la traditionnelle poignée de main que s' échange l' équipage, il y a forcément énormément de monde à ce point-stop. C'est là aussi que toute la pression accumulée au
long de trois jours de course retombe d' un seul coup. Pris par ma tâche durant ce rallye, et la tension retombant, je n' avais que rarement vécu un sentiment comme celui que je ressentais à
cet instant précis, d' autant plus que notre dix huitième place finale représentait un excellent résultat. Les 17 WRC de pointe devant nous pouvant être considérées comme officielles ou
semi-officielles, c'est avec le statut de premier équipage amateur que nous rejoignions le port d' Ajaccio, contents et fiers du bon boulot accompli. Et puis pour que la fête soit vraiment
totale, j' ai eu la chance de vivre en "live" le titre mondial de mon pote Julio, assis à la droite de Sebastien Ogier ! Ces deux là en partageront sûrement encore plein d' autres, mais
celui là, c'est le premier et je suis sacrément heureux d' y avoir assisté. Voir le regard humide de Julien et se serrer dans nos bras à la fin d' un rallye comme celui là, ça, c'est des grands
moments de sport ...